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www.letelegramme.com  6 septembre 2012

Des enseignants monolingues en bilingue...

jeudi 6 septembre 2012

Si la filière bilingue a le vent en poupe en cette rentrée scolaire, le nombre d’enseignants a du mal à suivre. À tel point que des monolingues sont affectés sur des postes français - breton pour faire face à la pénurie. Ce qui inquiète les parents d’élèves.

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Une institutrice monolingue nommée en filière bilingue ! Non, ce n’est pas une blague. D’ailleurs, ça ne fait pas du tout sourire les parents d’élèves de l’école publique des Moguérou, à Roscoff. D’autant qu’il y a récidive. L’an passé déjà, le congé de maternité d’une titulaire avait été assuré durant un trimestre par une enseignante qui ne parle pas le brezhoneg. Et rebelote, mardi, lors de la rentrée ! Dans cet établissement où 52enfants sont inscrits en bilingue français - breton, un poste à quart-temps dans la classe de grande section, CP et CE1 a été attribué à une enseignante monolingue pour combler le passage à trois quarts temps de la titulaire. D’où une certaine incompréhension à l’école. « Si on a scolarisé nos enfants dans cette filière, c’est pour qu’ils apprennent aussi le breton », souligne SylvianeVidie, présidente de l’association des parents d’élèves. « On n’a rien contre cette institutrice, bien évidemment. Mais il y a quand même un souci. C’est la qualité de l’enseignement qui va en pâtir », s’inquiète la secrétaire, Marie Sherpa.

« Vivier en crise »

« C’est d’autant plus surprenant que le bilingue se développe de plus en plus. Mais à côté de cet engouement, l’Éducation nationale n’est pas capable de nous attribuer les enseignants adéquats », embraye la présidente. À l’inspection académique, on ne cache pas la pénurie et les soucis de recrutement. « On n’a pas le personnel suffisant pour assurer ces quarts temps. Notre vivier est en crise. Face à ce déficit d’enseignants bilingues, on ne peut pas faire grand-chose », note GaëlleHerbert, inspectrice de l’Éducation nationale en charge de la langue et de la culture régionale sur le Nord-Finistère. En rappelant que des bourses et des formations sont proposées pour susciter des vocations.

Mobilisation demain

« Je comprends l’inquiétude des parents. Malgré tout, la parité horaire n’est pas remise en cause. Le breton sera enseigné de manière plus intensive durant trois jours », rassure l’inspectrice. Pas sûr que ces arguments atténuent le mécontentement des parents roscovites, qui ont prévu de se mobiliser demain, à la sortie des classes, pour réclamer la nomination d’un enseignant bilingue. « À l’école, tout le monde est révolté. Il faut qu’on fasse quelque chose », martèle Sylviane Vidie, qui n’exclut pas de « descendre à Quimper », comme cela avait déjà été le cas il y a un an et demi pour décrocher un demi-poste. À l’époque, l’école des Moguérou avait obtenu gain de cause auprès de l’inspection.

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