Dans un communiqué réagissant à la présentation avant-hier faite par l’OPLB de la 5e enquête sociolinguistique, Euskal Konfederazioa avance en substance que “la politique linguistique actuelle, fondée sur le principe de libre adhésion, a atteint ses limites”. Pour pallier les manques actuels, Euskal Konfederazioa avance qu’il est “évident que l’officialité de l’euskara en Pays Basque Nord, l’adoption d’une loi linguistique fixant les droits et les devoirs de tout un chacun [sont] des avancées indispensables au processus de réappropriation de la langue basque”.
Afin de promouvoir la connaissance et la transmission de la langue basque, l’OPLB a présenté avant-hier ses décisions relatives au soutien des opérateurs de l’action linguistique. Elles s’inscrivent dans un cadre opérationnel pour la période 2011-2016, dont les orientations principales se résument en trois points : d’une part, “poursuivre et développer la politique menée en matière de transmission de la langue basque” ; d’autre part, “privilégier une méthode d’intervention par sous-domaines cohérents d’action” ; et, enfin, choisir les sous-domaines en fonction de “l’impact de l’action en terme de public atteint et de l’existence de points d’appui dans le secteur”.
Le montant des aides attribuées par le fonds de coopération 2012 s’élève à 1 600 000 euros, les aides se répartissant en deux groupes. Le premier concerne les aides au fonctionnement des opérateurs identifiés pour leur action linguistique (1 230 000 euros). On trouve notamment parmi eux Seaska (405 000 euros), AEK (300 000 euros), ayant trait au développement de la transmission de l’euskara, et Euskal Irratiak (285 000 euros), classées dans la partie développement de l’usage. Le second groupe est un appel à projets portant sur l’action linguistique. On peut citer des initiatives comme Oreka développant des activités de cirque en langue basque (7 000 euros) ou encore Kazeta.info (25 000 euros), le quotidien électronique intégralement rédigé en euskara.
Euskal Konfederazioa, pour sa part, constate une “stagnation des aides allouées [qui] sont bien en deçà des réels besoins du mouvement associatif”, car, peut-on lire par ailleurs, “toute politique linguistique nécessite la bonne coordination entre action des pouvoirs publics et travail du mouvement associatif”. L’organisme dresse un tableau noir de l’avenir de certains acteurs associatifs : “Si l’enveloppe de cet appel n’augmente pas d’au moins 50 % d’ici l’an prochain, certaines structures du mouvement associatif, voire même certains volets entiers de la politique linguistique seront en situation plus que préoccupante.”
