Le vendredi 21 octobre, le Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais avait à son ordre du jour une motion en faveur de la « plateforme sur les langues régionales ». Cette plateforme avait été adoptée en 2008 par l’Association des Régions de France, en particulier par son exécutif socialiste et écologiste. Elle avait reçu un accueil favorable dans plusieurs régions de France, de la Bretagne au Pays-Basque. Dans le Nord-Pas-de-Calais , son intérêt vaut surtout pour la reconnaissance du flamand, forme dialectale régionale du néerlandais, parlé par plus de 22 millions de voisins en Belgique et au Royaume des Pays-Bas.
Le 21 octobre, la motion « Agir en faveur des langues régionales » soutenue par Paulo-Serge Lopes (Europe-Ecologie-Les Verts, Dunkerque), Delphine Castelli (Front de Gauche, Douai) et Jean-Pierre Bataille (UMP, Steenvoorde) ne devait pas poser de problème, puisque le Conseil régional du NPDC est largement dominé par les Socialistes comme l’Association des Régions de France. Pourtant, avec 28 voix pour et 60 contre, la motion fut rejetée. Ont voté contre : le FN (jacobin par tradition) et (surprise !) le PS, avec de curieux arguments.
Pour le porte-parole du FN, « Le français est notre langue officielle depuis l’Edit de Villers-Cauterets il y a 4 siècles ; c’est comme ça, c’est une langue obligatoire, ça date de l’ancien régime ». Sauf que le fameux Edit date de 1539 (presque 5 siècles) et que la future Flandre française ne fut conquise par morceaux qu’à la fin du XVIIe s. et pas avant. Et sauf que la motion ne remettait bien sûr pas en cause le statut « officiel » et « obligatoire » de la langue française.
Pour le porte-parole du PS-MRC (un seul élu MRC, mais ce fut lui le porte-parole), « la défense du flamand est un instrument du FN » (qui a voté contre !), « il n’est pas possible de donner de nouveaux droits à cette culture » et « la Région ne doit pas financer le folklore ». Si une langue et une culture sont du folklore, la langue et la culture française seraient-elles aussi du folklore pour les socialistes ?
par Alain Walenne