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www.felco-creo.org  22 juillet 2012

La FELCO et OCBI (association des parents d’élèves bilingues) reçues au Ministère le 16 juillet

dimanche 22 juillet 2012

Le dossier PDF en ligne, synthèse des situations et demandes académiques, a été remis au Ministère. Ce dossier a été réalisé grâce aux contributions des différentes associations académiques et de la grille d’analyse des situations disponible dans le deuxième document PDF attaché. Voici le compte-rendu de ces échanges, qui a été validé par Monsieur Panazol, conseiller auprès du Ministre Vincent Peillon.

La rencontre entre la délégation FELCO-OCBI et Monsieur Jean-Marie Panazol, conseiller technique auprès du Ministre de l’Education Nationale a commencé à 15 h le lundi 16 juillet et a duré à peu près une heure et demie.

Elle s’est déroulée dans un climat serein et sérieux. Il se confirme que Monsieur Panazol est chargé, entre autres attributions, de suivre la question des langues régionales, et qu’il sera donc à l’avenir au sein du ministère de l’Education Nationale l’interlocuteur des associations œuvrant dans ce domaine.

La délégation comprenait
- Martine Ralu, représentante d’OcBi (il a semblé en effet à la FELCO que les parents d’élèves sont partie prenante au premier chef, dans les actions à mener),
- quatre membres de la FELCO (Philippe Martel, psdt, MJ Verny, co-secrétaire, enseignants dans le supérieur, Bruno Duranton, professeur certifié d’occitan – Langue d’oc, Olivier Lamarque, professeur des écoles bilingues) représentant à la fois les divers degrés de l’enseignement, du primaire à l’Université, et certaines académies représentatives, deux du Sud (Toulouse et Montpellier), la 3ème (Clermont) pour les académies sacrifiées du Nord.

Cette rencontre constituait une prise de contact destinée à permettre à Monsieur Panazol de prendre la mesure des aspirations des enseignants d’occitan du service public, et des problèmes qu’ils rencontrent, particulièrement depuis les dernières années. Elle était aussi destinée à lui présenter les réussites de l’enseignement des langues régionales et l’intérêt qu’il présente pour la formation intellectuelle et citoyenne des élèves (connaissance plus fine du milieu dans lequel ils vivent dont les langues régionales sont partie prenante, éducation à la diversité, intérêt cognitif…).

La délégation lui a laissé un dossier précis et argumenté, comprenant une partie générale et une fiche pour chaque académie (cf document attaché).

Chacun des membres a pu exposer oralement une bonne partie de la substance de ce dossier. Exposé oral non exhaustif, étant donné la complexité des documents rassemblés, et le fait que notre interlocuteur, ayant préparé cette réunion, s’est montré particulièrement intéressé par telle ou telle question qu’il a souhaité nous voir développer. Nous avons noté en particulier l’attention qu’il a portée aux chiffres fournis.

Ont été évoqués :
- Les problèmes spécifiques des académies du Nord, en fait l’état désastreux de l’enseignement de l’occitan, faute d’enseignants, d’encadrement, de formation des maîtres, de tenue du CALR…
- Le problème de la Région parisienne où l’enseignement est très fortement menacé malgré de réelles demandes
- Les dysfonctionnements récents observables dans l’Académie de Montpellier : réductions de moyens d’encadrement et d’animation pédagogique imposées par les services rectoraux, difficulté de dialogue avec ces services
- La forte régression constatée depuis 5 ans dans toutes les académies, notamment dans le second degré, suite aux réductions de postes au CAPES (d’une vingtaine au début de la décennie 2000 à 4 depuis 2005, pour 32 départements et 8 académies.

La délégation a marqué le souhait de l’annonce d’une nouvelle orientation ministérielle en faveur des langues régionales et émis la demande de textes d’information en interne et en externe, marquant de façon claire l’intérêt porté par le Ministère aux différentes formes d’enseignement des langues régionales, comprenant notamment le descriptif de l’organisation et les objectifs de l’enseignement bilingue français-langue régionale.

Ces textes permettraient
- de sensibiliser les décideurs de terrain, les DASEN et les IEN, sur le fait que ces dispositifs d’enseignement sont au cœur des missions de l’école,
- d’encourager les enseignants susceptibles de choisir de se former en occitan en vue de l’enseigner par la suite
- d’informer les parents d’élèves, dont toutes les enquêtes montrent qu’ils sont potentiellement intéressés par un enseignement de l’occitan, à condition qu’il leur soit proposé.

A été abordée la question d’un texte législatif.

En dehors des propositions parlementaires généralistes déposées durant la précédente législature, il est question d’introduire la question des langues régionales dans la future loi d’orientation pour l’école. La délégation approuve cette idée, mais la FELCO attend de voir quelle place prendra la question dans l’architecture générale du texte, car elle se souvient des difficultés rencontrées à l’occasion de la Loi dite Fillon de 2005.

La FELCO a formulé de nouveau l’idée que les programmes nationaux du premier degré (culture humaniste, instruction civique et morale) et du second degré (lettres et histoire-géographie) comprennent explicitement une information basique, inexistante à l’heure actuelle, sur l’existence des langues et cultures régionales.

A été discutée, à l’initiative de notre interlocuteur, la façon dont devait être mené le développement de l’enseignement de l’occitan : saupoudrage ou constitution de pôles géographiques ciblés offrant l’enseignement de l’occitan en continuum jusqu’à la fin du secondaire.

La FELCO et OCBI voient bien l’intérêt d’une démarche de continuité des cursus, tout en souhaitant que soit progressivement mise en place une programmation concentrée permettant d’augmenter, à terme, le nombre de ces pôles. La généralisation de l’offre, notamment sous la forme d’enseignement de sensibilisation, nous paraît un objectif à atteindre. Sans quoi on court le risque de se trouver face à quelques oasis perdues dans un désert où toute présence ponctuelle d’un enseignement minimal de la langue aurait disparu. Notre interlocuteur a d’ailleurs convenu du lien évident entre l’offre et la naissance de la demande.

La question des conventions Etat / collectivités territoriales, prévues par la Loi de 2005, a été évoquée.

La FELCO et OCBI demandent au Ministère d’agir pour que de telles conventions soient à la fois signées au plus vite, dans les académies où elles ne fonctionnent pas encore, mais aussi respectées dans les académies qui en disposent déjà. Il est nécessaire que le développement de l’enseignement bilingue soit chiffré, à l’exemple de ce qui se fait en Aquitaine (une classe bilingue par an et par département). Même minimaliste, cet objectif permet d’envisager un réel développement et ouvre de vraies perspectives à tous les partenaires.

Au passage, il a été souligné que des conventions avaient été et allaient être signées dans certaines académies avec des départements ou des municipalités.

Ont été aussi évoquées les questions récurrentes de
- La formation initiale et continue et surtout de leur absence sur certaines académies,
- L’attribution de moyens spécifiques pour les académies occitanes,
- La nécessité, au Baccalauréat, d’aligner le coefficient des épreuves facultatives de langue régionale sur celui des langues anciennes
- La question des personnels d’encadrement, en particulier les chargés de mission faisant fonction d’IPR sans en avoir le titre. Cette question, comme celle de l’agrégation de langues régionales, sera à coup sûr de nouveau évoquée dans l’avenir.

La délégation a émis l’idée d’une visite du Ministre à un site bilingue, permettant de rendre visible l’intérêt que son Ministère prend à ce type d’enseignement.
Monsieur Panazol relaiera cette proposition qu’il a jugée intéressante ; dans l’hypothèse où le Ministre l’approuverait, il resterait aux enseignants d’occitan d’organiser une telle visite dans les meilleures conditions de visibilité.

A enfin été brièvement évoquée – par Monsieur Panazol – la question de l’enseignement du provençal. La FELCO a rappelé sa position constante : la langue occitane – ou langue d’oc – est une et diverse à la fois ; ce qui est enseigné est la variante locale de la langue, partout où elle est enseignée, sans coupure toutefois avec les autres variantes. Au reste, les textes officiels, depuis la Loi Deixonne, ont toujours parlé de langue occitane – ou langue d’oc – et il n’y a pas lieu de revenir sur cet usage.

En conclusion, Monsieur Panazol invite la délégation à reprendre contact avec lui quand cela lui semblera nécessaire.

La FELCO, quant à elle, se tient à sa disposition pour lui fournir tout renseignement utile concernant l’enseignement de l’occitan dans l’école de la République de même OCBI , sensible à l’attention qui a été portée aux parents d’élèves bilingues ne manquera pas cette opportunité d’échanges.

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