Le 7 juillet dernier, les représentants des langues et cultures régionales de France ont été reçus au Conseil de l’Europe et au Parlement européen.
« Nous sommes venus à Strasbourg pour demander le soutien des députés européens, à qui nous avons présenté la situation des langues régionales en France », a expliqué Tangi Louarn, président d’Eblul- France (comité français du Bureau européen pour les langues moins répandues). Ce dernier regroupe neuf fédérations métropolitaines et d’Outre-mer qui défendent les langues régionales et en assurent la promotion.
L’association Culture et Bilinguisme d’Alsace et de Moselle en fait partie. Son président, Jean- Marie Woehrling, a déploré que les langues régionales n’aient toujours pas de « protection juridique », alors que leur situation semblait « en progrès » entre 2008 et 2010.
Eblul-France a aussi estimé que le « débat au Sénat sur la proposition de la loi Navarro sur les langues et cultures régionales le 30 juin dernier [...] n’a fait que montrer la fermeture totale de l’Etat et du gouvernement à une réelle reconnaissance de la diversité linguistique et culturelle en France ». Le comité a également rappelé que le pays n’avait toujours pas ratifié la "Charte européenne des langues régionales ou minoritaires".
« On est dans une volonté partagée - d’une certaine élite parisienne - d’éradiquer nos langues », a estimé Christophe Simon, président de l’association Défense et promotion des langues d’Oïl. « Cette peur que les langues régionales seraient dangereuses pour le français est complètement fantasmagorique », a conclu Jean-Marie Woehrling.
