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Nombre de locuteurs dans les langues régionales

mercredi 18 janvier 2012

Il s’agit ici de régions linguistiques qui correspondent parfois à une région administrative (alsacien), ou qui s’étendent sur plusieurs (occitan, langues d’oïl), ou qui se limitent à une fraction de région administrative (basque, breton, catalan). En utilisant les dénominations de la liste Cerquiglini, prenons les 10 langues régionales de la Métropole (colonne LR). Google (Tablo) nous présente par région linguistique la population totale (colonne P) et les locuteurs de la langue spécifique (colonne L). Il s’agit plutôt d’un ordre de grandeur qu’il faudrait affiner avec les données du recensement de 1999.

(LR) Langues régionales (P) Populations régionales - Google (L) Locuteurs régionaux - Tablo % L/P (S) Population scolaire 2008 - 18% P (E) Elèves en LR en 2008 - Figaro 31 10 11 - % E/S (B) Enseignement bilingue Flarep 2010 - % B/E
Alsacien1 700 000900 00053%309 000193 82053%22 68314%
Basque250 00072 00029%45 00011 06026%11 532100%
Breton1 500 000172 00012%270 00023 4329%19 46783%
Catalan370 000126 00034%66 00013 04820%3 05324%
Corse250 000150 00060%45 00034 59877%7 05921%
Flamand1 400 00030 0002%252 000720(?)12317%
Franco-prov.6 000 000150 0003%1 080 000275(?)16560%
Langues d’oïl35 000 000204 0001%6 300 0001 761(gallo)---
Occitan13 000 0003 000 00023%2 340 00080 0004%6 8759%
Platt lorrain2 300 000400 00017%414 000810(?)810100%
Total 61 770 0005 202 0009%11 121 000329 5243%71 76722%

La comparaison entre le nombre de locuteurs et la population nous donne une idée de la densité des locuteurs de langues régionales. Le corse avec 60% de locuteurs et l’alsacien avec 53% sont les langues les plus parlées. Trois autres langues se situent entre le tiers et le quart de la population : le catalan (34%), le basque (29%) et l’occitan (23 %). Pourcentage à 2 chiffres encore pour le pratt lorrain (17%) et le breton (12%) pour lequel ont été pris en compte seulement les 3 départements historiquement brittophones. Locuteurs beaucoup plus rares pour le franco-provençal (3%), le flamand (2%) et les langues d’oïl (1%) dont les locuteurs sont dispersés parmi plus de la moitié de la population de l’Héxagone, abstraction faite du français, ce dialecte d’oïl parlé par toute la population.

Une comparaison analogue peut se faire, pour chaque langue régionale, entre la population scolaire (colonne S, 18% de la population totale) et les élèves de langue régionale (colonne E). La statistique pédagogique est celle qui a été publiée par le Figaro du 31 octobre 2011 en se référant à l’année 2008 et complétée par les données Google pour le flamand, le franco-provençal et le platt lorrain. Le nombre d’élèves est impressionant pour l’alsacien (163 820) et l’occitan (plus de 80 000). Mais c’est en comparant le pourcentage scolaire avec la densité de locuteurs, qu’on peut apprécier dans quelle mesure l’école valorise chaque langue régionale. Sont relativement bien scolarisés le corse (77%), l’alsacien (53%) et le basque (30% des élèves du primaire et 40% en maternelle). Il y a un déficit d’apprentissage scolaire pour le catalan (20% versus 34%), le breton (9% versus 12%) et surtout pour l’occitan (4% versus 23%). L’apprentissage scolaire est purement symbolique pour les autres langues régionales, notamment pour les langues d’oïl autre que le français.

La colonne (E) regroupe toutes les méthodes d’enseignement de langue régionale depuis l’enseignement 3 heures par semaine jusqu’à la méthode immersive. Sans vouloir évaluer la qualité de ces méthodes, la colonne B recense les élèves qui bénéficient de la méthode bilingue où la langue régionale est une langue d’enseignement, soit à parité horaire avec le français, soit en immersion initiale en langue régionale évoluant vers un partage horaire. Ces données sont publiées par la Flarep pour l’année scolaire 2010-2011 et concernent les 3 filières d’enseignement, public, confessionnel et associatif. Les pourcentages indiquent la place tenue par l’enseignement bilingue parmi l’ensemble des méthodes. La proportion varie de 100% pour le basque, à 83% pour le breton, 21% et 24% pour le corse et le catalan, beaucoup moins pour l’alsacien (14%) et surtout l’occitan (9%). A remarquer que plusieurs enseignements très déficitaires essaient de compenser avec la méthode bilingue ; pratt lorrain (100%), franco-provençal (60%), flamand (17%).

Dans les départements et territoires d’Outre-Mer, en 2009, la population était de 2.663.000 habitants. Parmi les 534 400 élèves scolarisés dans les établissements du primaire et du secondaire, plus de 68 000 apprennent la langue locale : tahitien (50.000 élèves), créole (16 000), langues mélanésiennes (2 000)… La proportion d’élèves en apprentissage de langue régionale est bien meilleure qu’en Métropole : 13% versus 3%. L’enseignement bilingue a fait son entrée avec 3 869 élèves en créole et 1 668 en langues mélanésiennes.

Certes l’apprentissage scolaire des langues régionales a fait des progrès remarquables de 152 557 élèves en l’an 2000 à 404 351 en 2011. Ceci dit le nombre de locuteurs baisse du fait que les plus nombreux ont 65 ans et plus. Le problème crucial pour les langues régionales reste celui de la transmission naturelle. Combien de ceux qui ont appris leur langue spécifique sur les bancs de l’école la transmettront-ils à leurs enfants ? Ceci dit, les parents transmettent la langue qu’ils jugent socialement utile, ce qui suppose, pour les langues régionales, une reconnaissance officielle, par la loi et les institutions.

Erramun Bachoc, baxok[@]wanadoo.fr

messages du forum

  • bonjour, l’enquête ci-dessus est très biaisée. EN tout cas pour le dialecte lorrain (platt). En effet, ce n’est pas sur la base de toute la population lorraine (2 300 000 hab) qu’il faut partir mais sur celle de la partie de la Moselle qui parle le platt, qui n’a jamais été parlé ailleurs en Lorraine. La population de cette zone est d’environ 500 000 habitants, mais l’estimation de 400 000 dialectophones est très surestimée. Si le reste de votre enquête est mené sur les mêmes bases, ses conclusions sont sujettes à caution, mais j’ai l’impression que vos chiffres de populations de référence sont moins fausses ailleurs.

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